Mathias Malzieu - "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi"

Mathias Malzieu, l'auteur de ce roman, est également le chanteur d'un de mes groupes français favori, le groupe Dionysos. Ce groupe est l'un des plus créatifs de sa génération, chaque chanson est une histoire à écouter avec des oreilles d'enfant. C’est un groupe à voir absolument sur scène, car c'est à chaque fois une expérience unique tellement le groupe déploie une énergie incroyable ! Si ils passent près de chez vous, n'hésitez plus ! Je vous conseille également la totalité de leur discographie, notamment leur dernière galette, Monsters In Love. Bref lorsque j'ai appris que Mr Malzieu avait sorti un bouquin, je me suis précipité dessus. Ce n'est pas son premier essai, puisque le monsieur a déjà publié un recueil d'histoires pour enfants, "38 Mini Westerns (avec des fantômes)", que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire.

En tout cas je n'ai pas été déçu par cette lecture. On retrouve tout l'univers propre à Malzieu. Un univers fantastique à la Tim Burton, peuplé de géants et de fantômes. On retrouve l'univers du dernier CD de Dionysos puisque certaines chansons du disque sont directement issues de l'histoire du bouquin. On comprend donc mieux les paroles de ces chansons après la lecture du livre.

Je ne veux pas trop dévoiler l'histoire, mais le bouquin a été écrit par Mathias à la suite du décès de sa mère. L'écriture l'a aidé à surmonter cette douloureuse épreuve, et le point de départ de l'histoire est donc ce décès. Le personnage principal perd sa mère au début du livre et commence à tomber dans un profond désespoir. Un géant nommé Giant Jack lui vient donc en aide, géant spécialiste de la mort, et dont le rôle est d'aider les gens touchés par un décès à remonter la pente. Ce géant va donc aider le personnage à retrouver goût à la vie, et à faire son deuil. Pour cela, il va lui donner un bout de son ombre... S'en suivra un fabuleux voyage au pays des morts...

Le livre se lit facilement, le style parait enfantin mais est très recherché : chaque page regorge d'images et de métaphores d'une incroyable beauté, du même style que celles que l'on retrouve dans les chansons de Dionysos. Ce sont ces images enfantines qui construisent petit à petit l'univers propre à Malzieu, c'est un peu sa marque de fabrique. Elles contribuent également à faire de ce roman quelque chose de très visuel, de très cinématographique, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on sait Mathias passionné de cinéma... et de Burton. Le livre pourrait très bien être adapté en film tellement il est truffé d'éléments visuels.

Si certains passages sont bourrés d’humour, d’autres sont très émouvants, souvent tristes, notamment au début du livre. Il n'est pas rare de devoir arrêter sa lecture pour se remettre de ses émotions, tellement certaines phrases nous font monter les larmes aux yeux. Chose que je n'avais jamais ressentie jusqu'à présent à la lecture d’un livre. Peut-être parce que la mort est un thème universel qui nous touche tous à un moment ou à un autre de la vie, et qui dans mon cas fait partie d’une de mes plus grandes peurs. De plus le personnage est extrêmement attachant et il n’est pas rare de se retrouver dans ses peurs et ses doutes. Il découvre la réalité de la vie avec ses yeux de grand enfant qui refuse de grandir, ce qui donne lieu à de superbes passages extrêmement touchants.

Je terminerais cette petite chronique sans prétention en disant que le livre se lit d’une traite tellement l'immersion dans ce monde imaginaire est forte. J'ai ressenti une légère frustration en refermant ce livre, tellement j'avais envie de voir l'histoire se continuer.

Heureusement, j'ai lu que Mathias attaquait l'écriture de son nouveau roman, en parallèle à la tournée de Dionysos... Cet homme a un réel talent d'écrivain et de parolier, je ne peux donc que vous conseiller de vous intéresser à ses réalisations.